La prière : plus qu'un fruit, une sève
- 6 juil.
- 5 min de lecture
Bonjour amoureux de la parole !
J'ai commencé un livre. Comme d'habitude. Et comme d'habitude, je me suis arrêtée très vite : dix pages. C'est tout ce que j'ai lu de Secrets to Powerful Prayer, un vieux livre acheté d'occasion il y a longtemps, qui traînait sur ma table de nuit depuis des mois sans que je le touche vraiment.
Ce jour-là, j'étais allongée sur mon lit, en train de scroller sur mon téléphone, un peu distraite, un peu ailleurs. Et mon regard est tombé sur un mot en couverture : Secrets. Je n'ai même pas vu le reste du titre au début. Je me suis simplement dit : « C'est quoi ce livre déjà ? » Et je l'ai ouvert.
Parfois, il ne faut pas plus que ça pour que Dieu attire notre attention.
Dix pages qui bousculent
Le livre s'ouvre sur ce verset :
« La prière fervente du juste a une grande efficacité. » (Jacques 5:16)
Très vite, l'auteur pose sa thèse, et c'est une idée forte : la prière n'est pas seulement une pratique chrétienne parmi d'autres. La prière est un fruit.
Il s'appuie sur le langage biblique du fruit pour montrer que la vie chrétienne n'est pas une simple suite de disciplines spirituelles, mais une vie qui produit quelque chose de visible, de concret. Et il relie tout cela aux paroles de Jésus dans Jean 15 :
« Je suis le cep, vous êtes les sarments… Celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. » (Jean 15:5)
« Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. » (Jean 15:7)
Son raisonnement est clair : demeurer en Christ produit du fruit, et ce fruit s'exprime d'abord dans une vie de prière vivante. La prière n'est donc pas qu'une discipline à cocher sur une liste. C'est quelque chose qui doit naturellement sortir d'une vie connectée à Dieu.
Plus qu'un fruit : une sève (Allons au-delà de mes dix pages😊)
Honnêtement, il a raison de voir la prière comme un Fruit. Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle, mais en y réfléchissant, c'est vrai : la prière est un fruit. Enfin… un fruit, et même plus que ça.
Parce qu'on parle souvent des fruits de l'Esprit. On connaît la liste de Galates :
« Mais le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Galates 5:22)
Et la prière n'y figure pas. Elle n'est pas citée dans cette liste. Alors dans quel sens est-elle un fruit ? Au début, je me suis dit que c'était une question de résultante : la prière découle de notre connexion à Dieu. Mais en y réfléchissant, les fruits de l'Esprit aussi découlent de cette connexion. L'amour, la paix, la patience ne se fabriquent pas par volonté propre, ils mûrissent en nous quand nous demeurons en Christ. Alors où est la différence ?
Je crois que la voici : les fruits de l'Esprit sont ce que la connexion produit en nous. Des qualités de caractère, ce que nous devenons. La prière, elle, n'est pas un trait de caractère. Elle est la connexion en mouvement. Elle en découle, oui, mais elle la nourrit aussi en retour. La paix ne produit pas la connexion ; la prière, si.
C'est pour ça que si on pousse l'image de Jean 15 jusqu'au bout, la prière ressemble moins à un fruit qu'à la sève. Elle est ce qui circule entre le cep et les sarments. Elle est le flux de la relation elle-même. Et c'est peut-être pour ça qu'elle n'apparaît pas dans la liste de Galates : elle n'est pas un fruit parmi les autres, elle est ce qui rend tous les autres possibles. Difficile de porter l'amour, la paix ou la patience si la sève ne circule plus.
D'ailleurs, la Bible elle-même montre que la prière véritable est autant reçue qu'émise :
« De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. » (Romains 8:26)
L'Esprit ne se contente pas de produire du fruit en nous. Il prie en nous. La sève circule dans les deux sens.
Tout commence là. La relation avec Dieu, la constance, la direction, la sensibilité spirituelle… tout est lié à la prière.
Mais cette sève est très attaquée. On veut l'empêcher de circuler. Et on le voit facilement dans notre quotidien : la distraction, la fatigue, le report constant au lendemain, les pensées qui s'échappent dès qu'on commence. Même quand tout est calme autour de nous, l'esprit peut devenir bruyant. Comme si quelque chose résistait précisément au moment où l'on essaie de prier.
Ce n'est pas un hasard. Quand on veut empêcher un arbre de porter du fruit, on ne s'attaque pas aux fruits un par un. On coupe la sève.
« Priez sans cesse »
Il y a un autre verset que la Bible nous donne, et qui va dans le même sens :
« Priez sans cesse. » (1 Thessaloniciens 5:17)
Ce verset change complètement la manière de voir la prière. Prier, ce n'est pas seulement un moment isolé dans la journée, coincé entre deux activités. C'est une posture. Un état de connexion. Une vie intérieure constante.
Je me rappelle qu'au début de ma conversion, je pouvais être dans une salle d'attente et prier pour les personnes autour de moi. Sans connaître leurs problèmes, sans savoir leur histoire. Je priais, simplement. Si j'étais à l'hôpital, je priais pour que Dieu intervienne. Dans la rue, je pouvais prier en marchant. Si je voyais quelqu'un qui semblait aller mal, je priais pour cette personne, parfois juste dans ma tête, sans bruit. À l'église aussi, pendant la louange, je pouvais sentir une impulsion intérieure et intercéder pour les personnes présentes.
Bien sûr, il faut rester sage et ne pas aller dans des choses que Dieu ne demande pas. Mais il y avait une spontanéité. C'était naturel, simple, presque constant.
Rester connecté, là où on est
Et je crois que c'est ça aussi, « prier sans cesse ». Ce n'est pas forcément être à genoux toute la journée. C'est être connecté. C'est vivre avec cette sensibilité intérieure qui reste à l'écoute.
Parce qu'en marchant dans la rue, on croise des gens sans savoir ce qu'ils portent en eux. Mais si on est dans une posture de prière, il peut y avoir un moment où Dieu met simplement une personne à cœur. Sans explication. Sans détail. Juste une direction intérieure.
Et parfois, on ne saura jamais pourquoi on a prié. Peut-être que cette prière protège quelqu'un. Peut-être qu'elle accompagne une décision. Peut-être qu'elle détourne une situation. Peut-être qu'elle n'empêche rien de visible, mais qu'elle agit quand même, dans l'invisible.
On ne sait pas toujours. Mais l'essentiel reste le même : prier. Simplement prier. Sans tout comprendre, sans tout contrôler. Juste rester connecté à Dieu, là où on est, avec ce qu'on a.
Que Dieu vous bénisse !











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